Car, et c'est bien logique, c'est la Division des océans qui
s'occupe du partage des eaux. Parmi ces Etats, la France, la Côte
d'Ivoire, les Seychelles, l'Australie, le Sri Lanka, l'Argentine,
le Maroc, la Russie, le Brésil, l'Irlande, le Nigeria, le Vietnam…
Le principe étant de prouver que la masse qui constitue votre
pays sur terre s'étend dans la mer plus loin que les 200 milles
marins qui forment habituellement votre souveraineté maritime…
Vous avez dès lors tous les droits d'exploitation des hauts
fonds et du sous-sol. Comprenez : pétrole, gaz, cuivre, manganèse,
cobalt, fer ou zinc...
On voit alors que ce dépassement des limites excite bien des
appétits. Le Canada, par exemple, examine d'un mauvais œil
les prétentions françaises sur St Pierre et Miquelon.
La Russie a été recalée, le Brésil aussi,
et l'on attend la candidature des Etats-Unis. De sorte qu'une guerre
de frontières se joue sous nos yeux que nous ne voyons pas.
Car la mer, finalement, ce n'est jamais que la continuation de la
terre par d'autres moyens. La bagarre, par exemple, sera dure pour
le contrôle de l'Arctique, en train de fondre et de révéler
ses ressources cachées. La guerre économique est désormais
offshore.
Homme libre, toujours tu chériras la mer, disait Baudelaire.
Oui, mais Charles, hélas, aujourd'hui, c'est la mer qui est
chère. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.