Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On suppose qu'au procès, on va nous faire savoir que l'homme est faible, que la contrainte est forte et que le mal est décidément banal. On attend, mais on se dit déjà : qu'est-ce qu'ils sont malades, les tortionnaires, quand on les arrête.
Lui, il va bien, apparemment. C'est sans doute parce qu'il n'est pas arrêté. Il a 86 ans, il s'appelle Paul Van Aerschodt, il s'est réfugié en Espagne, cfr ma chronique d'hier, et a quitté la région du Centre et La Louvière, une fois la guerre perdue. Pendant, il a fait ce qu'on fait quand on veut être du bon côté du manche et que la lame est gammée. C'était un rexiste, une balance, un dénonciateur. On l'appelait « le grand blond au revolver ». Ce sont d'anciens résistants, toujours actifs, on imagine qu'eux aussi doivent avoir 86 ou 89 ans, qui l'ont retrouvé. Il a été interpellé à Bruxelles récemment avant d'être relâché. Sa condamnation à mort par contumace est en effet prescrite. D'Espagne où il est retourné et où un journaliste du Soir lui téléphone, il dit des résistants qui l'ont identifié : « Ce sont des salopards, vous êtes tous des salopards et votre journal est une merde ».
Mais nous ici, on se dit qu'il y a des résistants, des hommes vieux mais des jeunes gens, que le repos n'a pas angoissé. Il faudra le dire à Jean Daniel que les hommes libres sont des salopards… Alors disons le, Pascal : vive les salopards ! Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.
Et celle-ci était pour Pierre Couchard qui aurait compris pourquoi.