Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2009
   


 
 

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En ce jour du jeudi 30 avril 2009,
Dans mon courrier du jour, je trouve ceci, Nathalie : il y a quelque chose d'étrange à constater, me dit mon correspondant, que l'on arrive à repérer tous les cas d'individus, probables, possibles, avérés, contagieux, morts de la grippe mexicaine à travers le monde et à mettre en place les contre-feux indispensables, les vaccins incontournables, les aides et les soutiens. Alors que l'on est totalement incapables de repérer, d’aider, de conforter des familles entières d'individus, clandestins dans nos villes, ravagés sur les mers de passage, perchés au sommet de nos grues, atteints du virus de l'exclusion... Ce n'est sans doute pas le même monde mais c'est le même genre de pandémie... Fin de la lettre, enfin du courriel. Et donc à Pierre — mon correspondant s’appelle Pierre —, je crois que je vais redire ici des choses déjà écrites, c’est un peu du ressassement, on voudra bien m’en excuser, mais je crois que ce qu’il y a, c’est que nous nous accommodons finalement très bien des gens qui meurent. Et que seuls les malades de maladies violemment naturelles nous interpellent.
Mon cher Pierre, les gars dans leurs canots ou leurs pateras sur la Méditerranée ou l’Atlantique, par exemple, nous les comptons pour zéro. (...)