Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et me voilà dorénavant riverain, c'est quelque chose que j'affiche fièrement sur la vitre de ma voiture. Dernièrement, avec un ami, nous disputions autour de ce mot. Mon ami soutenait qu'il s'agissait là d'un déni d'hospitalité, d'une forme d'exclusion et de rejet, d'une tenue à distance, par l'argent, de qui ne serait pas de chez nous. Une sorte de loi du sol, pour tout dire. Certains édicteraient des décrets sur l'usage d'une langue pour acheter un terrain dans une région, d'autres demanderaient désormais de l'argent pour louer une place dans une rue. N'est-ce pas là, me disait-il, de la discrimination déguisée en carte verte ?
C'est là que je me suis aperçu que riverain, celui qui habite au bord d'une rivière, a partie liée avec rival et rivaux, ceux qui partagent la même eau et qui pour cette raison peuvent considérer que l'autre en puise toujours un peu trop… C'est toujours étrange comment les ressorts de la langue -eh oui, on y revient -nous parlent de nous et nous disent que nos rues sont des fleuves dangereux à traverser.
Hier sortait le film Welcome qui parle de cela, de riverains, de rivaux et de rivages. Et de comment l'on relie une rive à l'autre. Et de quoi se paie, de fait, le prix de la traversée. C'est pourquoi on se demande ici s'il y a des sans papiers qui ont une carte de riverain. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.