Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Les Grecs le savaient déjà et les Romains après eux, il n’y a pas d’éducation sans mouvement. Eduquer, c’est bouger. C’est à se demander pourquoi, depuis, on s’est assis...
Ici, il n’y a pas de directeur, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de direction. L’école est co-gérée, ou autogérée, c’est comme on voudra. Les élèves sont plus nombreux, 65, que les professeurs qui sont 8, mais si la parité n’est pas respectée, l’égalité oui. Ici, il y a beaucoup de listes affichées : des listes de cours et des listes de courses. Car les élèves apprennent le latin et font la cuisine, vont peut-être au cours de math et assument le secrétariat. Ici, on dirait qu’on a pas besoin de décret « mixité » . Ici, il y a, je cite, « de gros décrocheurs et de hauts potentiels, des multi redoubleurs et des gens à scolarité exemplaire ». Ici, on n’est jamais obligé d’assister à un cours. D’ailleurs, Pascal, personne ne devrait jamais être obligé d’assister à un cours. D’y participer oui. Mais, a contrario, me dit Benoît Toussaint, prof de français, on peut très bien participer à un cours sans jamais y avoir assisté… Ici, voilà, c’est ça, on fabrique d’abord des hommes.
Et c’est là que l’on s’est souvenu que l’école, étymologiquement et bizarrement, c’est d’abord un loisir. Et plus précisément encore, « une activité intellectuelle faite à loisir ». Alors, vous savez quoi, Pascal, avec ce petit soleil pâle qui chauffait les os, on s’est installé dehors et on s’est mis à parler d’hémistiches, de césures et d’alexandrins. On aurait dit le printemps. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.