Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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" Je suis un banquier vieux jeu pour qui la tradition du service à la clientèle passe avant la volonté de puissance » dit John Lindsay dont la banque, qui est aussi la dernière caisse d'épargne indépendante du Royaume-Uni, ne délivre pas de cartes de crédit, ne vend ni assurances ni produits financiers, n'emprunte jamais à personne, ne travaille que sur fonds propres et ne fait qu'un travail très simple d'épargne et de prêts aux particuliers et aux PME locales. Jamais plus qu'on ne peut rembourser.
Et comme le dit « Le Monde » grâce à qui je connais M. Lindsay : « En l'absence d'actionnaires et de dividendes, les bénéfices nets sont entièrement affectés aux réserves. L'état-major ne reçoit ni bonus ni retraite dorée ».
Je vous présente maintenant Sir Fred Goodwin, il est écossais et il est banquier. Sa banque à lui est un peu plus grosse, elle a des agences partout et s'appelle la Royal Bank of Scotland. Elle a perdu plus de 24 milliards de livres en 2008, a bénéficié d'une aide d'urgence de la couronne de 46 milliards, va licencier près de 20.000 personnes, mais son conseil d'administration a voté à Fred Goodwin une pension à vie de 777.314 € exactement, par an. Je dois vous dire : Fred Goodwin a 50 ans. Et il vient de prendre sa retraite.
Chères auditrices contemporaines, chers auditeurs postmodernes, je vous le demande : que pouvons-nous faire d'autre aujourd'hui que de souhaiter que les gens qui sont toujours au travail y restent ? Pour les autres, nous n'avons même plus de mots. Seulement des chiffres. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.