Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Ce n'est pas loin non plus, juste dans l'autre rue, qu'un autre petit garçon est parti, où est-il, nul ne le sait encore. Le quartier ne s'en remet pas. On me dit : « Le quartier est meurtri». Mais le quartier a ses remèdes.
Une prison ouvrait jadis Saint-Léonard. C'est aujourd'hui une esplanade et cet espace de dalles et de dolomies est aussi le seul espace vert, enfin ouvert, du quartier. On y fait les fêtes, l'été. L'an dernier, 6000 personnes. Parce que, comme me le dira Gian Carlo Paglia, « Briser l'anonymat, c'est aussi casser la violence ». On est surpris par cela : par la densité associative du quartier. Maison des jeunes, centre poly culturel, aide à la jeunesse, actions en milieu ouvert. Et tout le monde travaille ensemble. Car ici, on sait qu'on doit faire fonctionner l'ascenseur social avec des économies d'échelle.
C'est un quartier où l'on est fier de dire que l'un d'entre eux, enfin l'un des nôtres, va bientôt devenir médecin ou ingénieur. Selçuk Ural, de la Maison des jeunes me dit : « Ici, on ne tient pas de discours. On veut juste amener les jeunes à devenir autonomes ». C'est drôle comment dans les quartiers défavorisés, c'est toujours la culture qui s'avance pour répondre à la crise et créer, oui, pour une fois, de la confiance. Et on trouve que ce tissu social, au final, donne chaud à Saint Léonard.
Il y a une chose que je n'ai pas dite. C'est que ces gens-là que j'ai rencontrés hier, hé bien, ce sont eux maintenant qui veillent sur la cité. Car les citadelles, aujourd'hui, regardent désormais le monde à hauteur d'homme. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.