Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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La télé ce soir va dire Rex, le fascisme et Léon Degrelle et Bouillon voudrait rappeler Pierlot et puis deux fois Bodart.
Mais il y a des lieux que l'Histoire décidément épuise. Nous en parlons avec Danielle, morceau de tarte, thé et café. Cette ville frontière dont on oublie qu'elle fut aussi un Etat souverain et puis qu'elle s'engagea en République, qu'elle imprima le Journal Encyclopédique des Lumières et vit passer Hugo et Rimbaud, se demande bien quoi faire de ces terribles mythes qu'elle abrite. Quoi faire de Godefroid de Bouillon et de ses croisades, hier héros unificateur de la Belgique qu'on jugerait peut-être bien aujourd'hui au tribunal pénal international ? Quoi faire aussi de Degrelle dont longtemps on ne parla pas ? Le silence de Bouillon recouvrait alors la discrétion de la Wallonie : il n'était de collaboration que du Nord. On marche le long de la Semois en se demandant si le métier de cette ville ne serait pas de faire éclater nos mythologies nationales. On dirait qu'elle n'existe que pour nous rappeler tout le temps comment notre mémoire est à la fois trouée et recousue.
La télévision est allumée chez Roger. C'est ici, presque en face, dans la maison du coin, que le pharmacien Degrelle fut abattu. On voit de ses yeux les images que montre la télé. Et on écoute Roger raconter. C'est peut-être bien finalement une veillée. En sortant, on lève la tête en se demandant si par hasard, les buses tournoient aussi le soir. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.