Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 6 mars 2009,
Il y a cette buse qui tournoie dans le ciel du côté de la Gernelle. On la suit longuemment du regard. On se demande ce qu'elle voit et si l'on est vu par elle. Tout à l'heure quand la ville sera morte et la télévision allumée, Léon Degrelle dira : « Je tournais comme un épervier, je mettais longtemps, puis je fondais sur ma proie ».
Avec Anne et William, il faut grimper un peu pour trouver la stèle des trois exécutés, dans les bois de la Gernelle. C'est à quoi ?, deux cents mètres de la route qui va vers Corbion ? On imagine qu'ici monta un camion le 21 juillet 1944 pour fusiller 3 vies et prendre 2 patronymes, Louis et Henri Bodart et puis René Pierlot. Le tribut que Léon Degrelle exigea de sa ville. On s'arrête devant ce petit monument que la Vierge veille. On se dit, « tourner comme un épervier, mettre longtemps, fondre sur sa proie ».
Henri Ducenne, le père de Anne, fut l'un des plus jeunes résistants de Bouillon, l'un aussi de ses plus anciens combattants, qui connut le Fort de Huy et qui fut otage lorsque l'assassinat du frère de Léon Degrelle réclama ses représailles. Il survécut et sa fille conduit désormais les chemins de sa mémoire. Ils passent par les bois de la Gernelle, leurs morts et leur stèle. Car aujourd'hui, Bouillon c'est cela : on voudrait bien troquer les noms de la télévision. (...)