Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 

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En ce jour du vendredi 20 février 2009, « On n'imagine pas le nombre de mains qu'il faut pour faire une tasse ». Elle commence comme ça, ma journée, Pascal. Par des mains et puis une tasse. J'étais chez Royal Boch hier, à la Louvière. C'était un jour important, un jour de prétoire où le sort de votre travail dépend d'un jugement, un moment où votre avenir peut vous échapper des mains, comme une tasse. Les ouvriers ne sont pas encore revenus du tribunal, mais l'information est déjà passée : le bilan n'a finalement pas été déposé - « un sursis d'une semaine », disent les gens ici -, mais il reste sûrement à faire.
Alors, on va commencer comme ça, en rappelant 1841 et l'installation des frères Boch à La Louvière, la Belgique était jeune et les Boch luxembourgeois. Ils avaient une usine au Grand-Duché, mais ils préférèrent le charbon du Centre au bois des forêts d'Ardenne, sans rien dire des conditions avantageuses d'un gouvernement belge avide d'emplois pour son pays naissant. Boch déménagea une partie de ses ouvriers et de leurs familles et tout son savoir-faire. Boch, en 1841, c'est déjà un peu une délocalisation.
Et l'histoire revient et retourne parce que la production ici est délocalisée depuis quelques années, Portugal et Thailande. Et l'histoire revient et retourne parce que l'on dirait bien qu'ici, Pascal, le 19ème siècle n'a toujours pas commencé. (...)