Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 

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En ce jour du mardi 17 février 2009, « Entassés dans des hangars, des milliers de civils belges, femmes et enfants pour la plupart, quittant à jamais l’Afrique pour aller commencer en Belgique une nouvelle existence, attendaient avec résignation que ce fût leur tour d’être évacués, par la voie des airs, de l’ex-Congo belge, indépendant de fraîche date. Fendant la foule, un journaliste de la presse télévisée, typiquement britannique, traînait dans son sillage son caméraman et divers techniciens, tel un chef de peloton en territoire ennemi.
De temps en temps il s’arrêtait pour crier d’une voix de stentor qui conservait néanmoins une distinction très BBC : — Y a-t-il ici quelqu’un qui a été violé et qui parle anglais ? ». C’est le journaliste Edward Behr qui racontait cette histoire qui date des convulsions de l’indépendance du Congo où chacun, dans la presse internationale, cherchait, de fait, une religieuse belge qui aurait été violée.
Car c’était comme ça que les journalistes étrangers vivaient la fin de la colonisation. Par des histoires incarnées, du vécu, du vrai malheur. Pourquoi je vous raconte cela à mon tour, 48 ans plus tard, Pascal ? Parce que je viens de lire le reportage que consacre le Soir à la récente visite de la ministre de la Migration et de l’Asile, Annemie Turtelboom, dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, là où finit par échouer toute l’Afrique. (...)