Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Tout en bas dans le vallon, un camping : 3 kilomètres de long, 400 caravanes, un véritable serpent sous la neige. Il date du temps où le tourisme était social et les années soixante. On y vient en vacances ou bien pour le week-end. Certains pourtant ont décidé d'y vivre. A l'année. Depuis des années. C'est pour ça que j'y suis allé, pour voir si le développement durable pouvait croiser le résident permanent. Car il y a un problème avec les résidents permanents.
Avec quelqu'un comme Jean-Claude Malchaire, par exemple. Le domaine a mis fin à sa location. Il va devoir quitter sa caravane pour fin mars prochain. Sa caravane. Vingt mètres carrés. Plus l'auvent. Ah, l'auvent ! L'auvent recèle le glanage. L'auvent sert de garage, l'auvent sert à tout. A l'intérieur, il y a un chien, Black, et puis sept chats, je n'ai pas demandé les noms. Il y a du café sur la table, des cigarettes et des cendriers pleins, deux amis en visite, un chauffage tout rouge et un homme, 53 ans dont 23 de chômage. Et 6 de camping. Toute une vie. A proprement parler, je vous jure, invivable. Il espère un logement social. Deux ans, dit-il qu'il attend. Mais le logement, pas plus qu'autre chose, n'est social aujourd'hui.
Elle est là, la contradiction contemporaine, maintenant qu'on sait que la pauvreté aussi est durable : entre l'habitat utopique et le logement insalubre. A bien y réfléchir, on se dit pourtant que les réponses existent déjà. C'est dommage que personne n'ait encore pensé à poser la question. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.