Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 
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Nos baromètres cependant ont parfois le mercure sélectif. Tandis que nous regardons cela, nous ne voyons pas comment se creusent les dépressions ailleurs. Car ça se creuse, un peu partout. Je vous disais cela, il y a quelques mois -vous imaginez, en 2007, le ciel était bleu partout -, que le vice-président de la Banque Européenne d'Investissement, la BEI, clamait ceci que « les banquiers n'ont pas tous compris l'importance des travailleurs migrants en Europe. Ces migrants offrent de très belles opportunités de clientèles qui vont développer non seulement l'Europe mais leur pays d'origine ». Et je vous rappelais par la même occasion que « l'aide au développement de tous les pays de la planète réunis ne pouvait pas concurrencer l'argent que renvoyaient les migrants dans leur pays d'origine ».
Hé bien, cet argent-là aussi se tarit. Les sommes renvoyées au pays par les migrants croissaient de 17% par an depuis 10 ans. C'était une manne qui a servi à des pays comme l'Ouganda ou le Bangladesh de réduire un peu, beaucoup, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Pour la première fois, ces transferts vont diminuer. Entre 1 et 6%. Ça n'a l'air de rien. C'est considérable. On parle là d'un montant de 337 milliards de dollars qui tombera à 283 cette année-ci.
Nos baromètres ne mesurent pas cela. Ils ont tort. C'est pourtant un véritable coup de tabac sur le tiers-monde. Il va manquer, le petit argent des pauvres gens. Nous n'avons pour cela ni principe de précaution, ni vigilance orange. Pourtant, on le sait bien, Pascal, on a décidément tous une gueule d'atmosphère. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.