Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Rosier est le premier employeur privé d’une commune qui n’a pas vu son tissu industriel se remailler. On dirait que les entreprises ici, sont d’abord vénérables, puis qu’elles disparaissent. Et dans la rue, c’est comme si l’on voulait s’habituer, comme si la crise rendait tout normal et égal. On est triste de perdre du temps de travail mais on est bien content d’en avoir encore, du travail .
L’histoire de Rosier est toute simple, c’est une histoire de marché, c’est la rencontre entre l’effondrement du prix des céréales et la chereté des matières premières, l’azote, le phosphore ou le potassium, un triptyque indépassable pour les fertilisants. On a cru que les engrais aussi monteraient jusqu’au ciel. Mais on a cru tellement de choses. Et aujourd’hui, chez les agriculteurs, personne ne se précipite plus sur les fertilisants. On préfère attendre.
Daniel Richir aussi, attend. Il est l’administrateur délégué de la société et là, dans son bureau, il vient de déclarer son amour à son travail et à son usine, mais devant les cheminées qui ne fument plus, il dit « on se plaint des fumées, on se plaint encore plus quand il n’y en n’a plus ». Un autre Daniel, membre du personnel, dit la même chose à sa façon : « Trop c’est trop, mais trop peu c’est pas assez ».
Le 9 février, le travail reprendra. Le chômage économique se terminera. Les labours vont bientôt reprendre et avec eux reviendront peut-être aussi les commandes. A Frasnes, certains vont passer le week-end à espérer que le lundi fasse du bruit. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.