Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Zéphir Brassart qui est un homme de bon sens, qui entraîna longtemps les pupilles de football de la région et qui était ouvrier communal, a demandé pourquoi s'il avait voulu tuer le président, il lui aurait écrit une lettre avec son nom et son adresse dessus. Sept heures ça lui a pris, sept heures de tutoiements avec empreintes, photos et ADN, avant qu'on convienne de l'usurpation d'identité et qu'il soit relâché sans un mot. Il aurait voulu des excuses, il a eu un « Vous êtes pas content, prenez un avocat » : quand on est libéré, on se fait aussi vouvoyer.
C'est une lettre anonyme qui avait envoyé Henri Brassart, père de Zéphir et résistant FTP à Dachau et Büchenwald, il y a 65 ans de cela. Quand il en est sorti, libéré par les Russes, il a dit à ses enfants : « Vous n'êtes pas sauvés, il faut être vigilant ». Et puis voilà, on dirait que le temps est de nouveau aux corbeaux et aux gens qui croient à leurs fromages.
Et pourquoi je vous raconte tout ça, moi, aujourd'hui ? Peut-être, comme dirait Zéphir, "pour que cela n'arrive plus à d'autres, parce que ça arrive à beaucoup de gens en ce moment". Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.