Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2009
   


 
 

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En ce jour du mardi 3 février 2009, Je regardais la photo de Zéphir Brassart dans la presse française. Il est assis dans son salon, le salon n'a pas l'air grand et Zéphir semble tout juste à l'aise.
En fait, tout a l'air tout juste sur l'image. Le fauteuil, la draperie sur le fauteuil, le papier peint, l'armoire, la peinture sur le mur. Et puis, surtout, Zéphir a l'air triste. Les photos parfois vous apprennent comment s'écrit la modestie.
Zéphir Brassart porte un prénom de vent, un vent qui vient de l'Ouest, lui qui vit au Nord comme le Borée, dans un pays de clair de lune, tout près de Maubeuge. Cet homme de 67 ans raconte que le 22 janvier dernier, à l'heure du laitier, la police criminelle est venue frapper à sa porte. Qu'elle l'a interrogé, qu'elle a perquisitionné. Et puis qu'on l'a emmené dans son pyjama pour sept heures de garde-à-vue. Les trois policiers lui ont dit : « C'est très grave, vous êtes un criminel, vous avez voulu tuer le président Sarkozy ».
Il y a des moments, comme ça, où la vie des gens bascule. Il se fait que l'Elysée avait reçu une lettre, de menaces, d'insultes, avec des choses comme « Je vais te faire la peau, et à ton Italienne de Carla Bruni aussi » raconte Zéphir qui a pu la lire. « Il était aussi écrit, ajoute-t-il, que j'avais une entreprise de terroristes contre les policiers qui mettent des PV ». Il y a des moments où il faut se tenir bien droit, même dans son pyjama. (...)