Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
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Ces indemnités se montent à 71.500 € et sont destinées à sa famille et à sa fille, dont une partie est belge, et à sa fille, la petite Bintou. Et c'est la Commission pour l'aide financière aux victimes d'actes intentionnels de violence, donc l'Etat, qui est censée les payer, vu l'insolvabilité de l'assassin. Une lettre a récemment fait savoir à sa famille que le visa d'Oulematou Niangadou étant expiré à l'heure de sa mort, il n'y avait pas lieu de procéder au versement. C'est ainsi que l'on apprend qu'une mort violente peut être aussi une mort illégale. Et que votre illégalité vous suit dans la tombe, qu'il existe une sorte d'éternité de la mort illégale.
« C'est la loi » a dit le récent ministre de la Justice Stefaan De Clerck. Une personne sans papier n'a pas droit à ce genre d'indemnités. « C'est la loi », donc, qui fait en sorte qu'il y ait, au bout du compte, deux condamnés dans cette affaire, l'assassin et sa victime.
Et c'est là qu'on repense à la phrase de la Reppublica, comme quoi « C'en est fini de la présomption de la supériorité morale, religieuse et culturelle de l'Europe face à un autre monde qui a une autre couleur de peau ». C'est dans ce monde-là que Hans Van Themsche vivait quand il a sorti son fusil. C'est celui-là qui vient de changer un peu sur le Mall du Capitole. « C'est la loi », sans doute. Mais il y a l'Histoire, aussi, qui ouvre des temps nouveaux. Alors, s'il vous plaît, pitié pour les morts des temps anciens. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.