Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Son architecte était William Clough-Ellis, un excentrique, dira-t-on. Un type avec de la suite dans les idées, aussi : il bâtit son village sur plus de cinquante années, de 1925 jusqu’à sa mort en 1978, et il voulait en faire, autant que je m’en souvienne, quelque chose comme un village idéal où des grands esprits pourraient se retrouver et penser l’avenir. On voit par là que le choix des lieux non plus n’était pas un hasard.
« Le Prisonnier est un chef d’œuvre télévisionnaire » a dit quelqu’un. Nous étions en 1967 et c’était un temps où la télé vous montrait le totalitarisme en prime time, vous n’aviez pas encore lu Orwell, ni Huxley, ni Koestler, ni Arendt, mais ça ne faisait rien, un feuilleton s’occupait de faire votre éducation politique.
Ç’aurait peut-être été utile à ce jeune Nantais qui a eu la surprise de découvrir dans le curieux magazine curieux « Le Tigre » —c’est comme ça qu’il se décrit—, le récit de sa vie dressé à partir des informations qu’il avait lui-même laissées sur la toile : « On ne fait pas vraiment attention aux informations privées disponibles sur Internet, qui, une fois synthétisées, prennent soudain un relief inquiétant » dit le journal qui décrit par le menu les goûts, les voyages, les amours, de ce jeune garçon qui a, dit-il, pâli en découvrant l’article.
C’était juste une petite histoire d’un lundi matin pour dire que nous sommes aujourd’hui nos propres caméras de surveillance. Comment il disait encore Patrick Mac Goohan ? Je ne suis pas un prisonnier, je suis un homme libre ? Est-ce nos libertés que nous avons numérisées ou bien serait-ce que nous sommes désormais des hommes numériques ? Que dire, sinon « bonjour chez vous », belle journée et puis aussi bonne chance ?