Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Je dis ça parce qu’on aurait parfois l’impression que les gens, là-bas à La Docherie, dans ce Hainaut postindustriel où l’espérance de vie est de 3 ans moins élevée que partout ailleurs dans le pays, se laisseraient aller, mais que voulez-vous dire de gens qui ont eu la bonne idée de baptiser la station-service qui ouvre leur quartier le « Garage de l’Espoir » ? Car il y a des gens qui vivent, à La Docherie.
J’ai rencontré, Nathalie, plein d’acronymes qui disent la vie associative : des Pics, des Clap, des Sac, les espaces sont citoyens, le restaurant est social, les écoles sont de devoirs, je veux dire qu’ici le tissu social est tendu comme un drap sur les chancres de l’industrie et du chômage. Justement, on fait le tour des chancres avec Ali. Je vois des terrains vagues, mais Ali, lui il imagine des vagues, tout simplement. Il dit : « on a envie de beau » et il appelle « Etat » tout ce qui, quelque part, en haut, ailleurs, ne rénove pas, ne construit pas, ne s’occupe pas. Avec Josette et Julien, juste avant, on faisait le tour de ce qu’on appelle encore un village, où il y a désormais plus de pharmacies que de cafés, où il y a plus de pharmacies que de tout, en fait, et où seuls les gens du cru peuvent débusquer le boulanger et le boucher, « pour 2500 boîtes aux lettres tout de même » ajoute Julien. Mais il y a un truc qui épaterait Maurice Lippens s’il habitait La Docherie. Il n’y a pas une seule agence bancaire. Pas une. C’est pourquoi les gens de La Docherie seront sans doute sauvés. Mes frères dochards, je vous embrasse. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.