Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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La mort est un fait de course, trois lignes en fin de dépêche. Sans plus et pas moins. On ne fait pas d’épitaphe. Pas non plus pour ces gens du cru, sans noms, écrasés dans leur voiture par un camion d’assistance.
On dirait que le Dakar est un conflit suivi par des journalistes embedded dont la seule mission est de minimiser les pertes. La presse peut pénétrer dans la zone du rallye, mais on dirait qu’elle n’y relève que la guerre des positions. Il y a deux ans, lors d’un autre accident mortel, le directeur du rallye, Thierry Lavigne avait déclaré : « “La course continue. Tous les gens qui viennent savent que c’est une course à risques”. Une infirmière, dans un hôpital français, se tromperait de prescription médicale, elle ferait le premier titre du 20 heures et finirait en garde-à-vue. La direction du rallye, elle, deux jours après avoir laissé mourir un homme, reçoit la visite de la présidente chilienne, Michele Bachelet.
Voilà bien, me direz-vous, une chronique vaine. On peut s’énerver contre le Dakar. Tout le monde l’a fait, ça ne sert à rien. Même à ça, on n’y arrive pas… Mais peut-être que cette année-ci, parce que le rallye avait quitté l’Afrique, on pensait qu’on ne parlerait plus que de la dépense en Co2 et de sa compensation. Ça, c’était un sujet.
Et puis, on se rappelle que le Dakar est parti d’Afrique en raison de menaces d’attentat. Et nous vient cette question : un attentat sur le Dakar aurait-il fait plus de morts que le Dakar lui-même ? Allez belle journée et puis aussi bonne chance.