Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Hier, dans la Libre Belgique, quelques signataires publiaient une carte blanche où ils disaient en substance qu’ils n’apporteraient leur soutien à rien qui ne témoignerait pas d’un soutien de principe à la fois à un Etat palestinien et à un Etat israélien, en appelant chacune des parties à faire un pas pour la construction d’une paix juste et durable. Ces signataires prévenaient qu’ils pensaient bien, cependant, que leur position serait jugée trop symétrique — les mêmes demandes faites aux uns et aux autres, les parties renvoyées dos à dos — et qu’elle prêterait à controverse. Qu’elle serait, en ces temps de questions de phosphore qui éclairerait la nuit et de questions d’armes nouvelles qui couperaient les gens en deux, irrecevable.
On ne sait pas comment elle a été reçue ni si elle le sera. En d’autres temps, c’eût été une parole de sagesse. Qui préparait l’avenir. Aujourd’hui, elle semble prononcée par des fous. Et venir d’un passé révolu.
Hier, on a beaucoup parlé de ce que l’on appelle « l’importation du conflit » : de comment certains se réjouissaient que l’opinion s’empare légitimement d’un débat qui questionne tout le monde et de pourquoi d’autres redoutaient, au contraire, qu’il ouvre la porte aux déflagrations racistes et antisémites au prétexte que certains considéreraient que le débat, précisément, n’appartiendrait qu’à eux. Mais à qui appartiendra-t-il, aux sages ou aux fous, de ne pas laisser confondre demain éthique et ethnique ?
C’est toujours cette foutue histoire de tuyaux. On dirait, décidément, que des choses ont toujours du mal à passer. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.