Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
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Popeye, c'est un p'tit gars de l'Amérique, fort en gueule, patriote à ses heures, surtout quand il faut être anti-nazi, terriblement politiquement incorrect, fumeur de pipe, bagarreur invétéré, tatoué, hâbleur, sanguin, grossier, une image en négatif des vertus américaines qui le rendit pourtant extraordinairement populaire au moment où ces valeurs s'effondraient avec Wall Street.
Il fut d'ailleurs l'un des premiers à trouver le chemin de sortie de la crise, épousant et anticipant d'un rien le New Deal du président Roosevelt : c'est en effet en 1933 que Popeye commença à manger des épinards, il ne le faisait pas avant, répondant ainsi aux sirènes de l'industrie agro-alimentaire qui entendaient valoriser ce légume extraordinaire rempli de fer, donc de force. On sait aujourd'hui, mais pas depuis longtemps, qu'une faute d'écriture est à l'origine de cette légende, une erreur de virgule multipliant par dix sa teneur en fer. Un pataquès commis en 1870 et réparé seulement en 1981. Entre-temps, les ventes d'épinards avaient explosé d'un bon tiers et les muscles de Popeye rendirent son créateur rapidement milliardaire.
Ah, Pascal, c'est toute une histoire, quand on se penche, l'histoire. Et si vous voulez savoir comment elle finit et bien voilà : Popeye traversa les convulsions de l'Amérique jusqu'en 1992, nous étions sous George Bush père, année où son dessinateur de l'époque réalisa un strip au vitriol considéré comme une satire des positions de l'Eglise sur l'avortement, il fut licencié sur le champ et ainsi mourut Popeye à l'âge de 63 ans. Alors Pascal, qu'est-ce que vous en dites, hein ? Nous avons déjà la crise, il nous reste juste à devenir incorrects. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.