Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2009
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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C'est une erreur grammaticale, sans doute, mais elle sert depuis longtemps d'exorcisme et de conjuration. Si on dit Seconde guerre mondiale, c'est pour que la troisième n'arrive jamais.
Pourquoi celle-ci porte-t-elle un nom, alors ? Peut-être, précisément, parce que l'on veut dire que ce n'est pas une guerre. Mais, plutôt une opération. Une guerre n'a pas de nom de code, une offensive oui. On se dit alors que ce « Plomb durci », finalement, est peut-être un euphémisme.
Ce nom de « Plomb durci », pourtant, est explicite : il dit la munition, la cartouche, la culasse, la douille. C'est curieux, mais une munition, à l'origine, est un terme du bâtiment qui désignait des murailles ou des fortifications. On munissait ainsi un château ou une ville. On approvisionnait ceux qui se trouvaient derrière ces fortifications en pain qu'on appelait « pain de munition ». Ces provisions de bouche étaient souvent accompagnées de provision de poudre. Et voilà, comment par le jeu de la métonymie, la partie a fini par détrôner le tout et que l'on appelle désormais munition ce qui alimente les fusils, les canons, les tanks ou les missiles. On ne voit plus, pendant ce temps-là, que les murs qui séparent sont, eux, littéralement, des munitions. Alors, quoi de neuf sur la guerre, Pascal ? Rien, c'est juste une métonymie. Ou un euphémisme. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.