Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 18 décembre 2008, Rue de la Loi, il y a un homme qui regarde par la fenêtre. Il compte dans sa tête les jours qui restent avant Noël. Il a fermé la porte de son bureau, il est seul. Il a une envie de massepain et de chocolat. Il pense à la lettre qu'il a écrite hier. A celle qu'il a reçue tout à l'heure. Il se demande à quoi il va occuper sa soirée, cette soirée-ci, la prochaine soirée. Marquez pas de chance, après quatre minutes, le Standard a encaissé un but. S'il sortait, s'il se déportait un peu, s'il marchait un moment, il verrait au loin le Palais de la Justice, au bout de la rue qu'empruntent les tramways, sur la perspective qu'avait tracée Léopold. En y réfléchissant, il pourrait pousser jusqu'au Palais de la Justice. Du temps de Julie et Mélissa, les gens dressaient là des autels votifs. Il ferait bien un vœu. Tout ça pour avoir voulu réconcilier des pouvoirs séparés. Les rapprocher, les réunir, les unifier. C'était énervant, à la fin. Quand il pensait qu'il valait mieux diviser pour régner seul chez soi, les gens aussi lui en voulaient. Dans sa tête tournent des formules comme « intérêt général » ou « intérêt supérieur de la Nation ». Ce mot d'intérêt le fait sourire. Toute cette affaire, depuis le début, ce n'est que ça : une histoire d'intérêt. Ceux que l'on porte, ceux que l'on empoche, ceux qui vous font des trous dans les poches. Le sapin scintille derrière lui. Il se demande qui a bien pu y accrocher les guirlandes et les boules de Noël puis s'il y a vraiment quelque chose dans les paquets qu'on a déposés à son pied. (...)