Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 
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Et ce n’était que pure logique, car ce fut sur les marchés que les changeurs d’argent s’installèrent sur des bancs, qui devinrent des échoppes et puis bientôt des banques. C’est de l’étymologie sans doute, mais c’est aussi de l’archéologie.
Et c’est donc assez justement que c’est sur ce marché qu’aujourd’hui nous mesurons la crise. C’est ici que les étals sont aussi des étalons. Et dans ces halles pleines et devant ces étals comblés, nous nous écrierions bien : « la crise, quelle crise » comme, devant la neige revenue, nous nous demandons : « le réchauffement, quel réchauffement ? ». Je vous le disais, la crise est une phase, un passage, une étape et il nous est toujours difficile de saisir les événements quand ils sont en mouvement. Aussi bien ce que nous voyons n’est peut-être pas ce que nous savons. A moins que ce ne soit le contraire.
Elles sont comme ça, les crises, et hier, sur mon petit marché à moi, dans mon quartier, j’en disais un mot à mon maraîcher du lundi, un homme qui murmure à l’oreille des chicons et qui parle de la pomme de terre de Gembloux comme si c’était une amie proche. L’avenir ? Il prophétisa juste ceci, que cet hiver serait une période miraculeuse pour les oranges et les clémentines. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.