Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 
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Mais de cela : de la situation d’un pays ayant adhéré à l’Union européenne en 1981 et dont plusieurs villes sont livrées aux combats de rue — à la violence urbaine disait-on dans les dépêches d’agence — personne ne nous avait mis au courant. Athènes en feu ? Les dernières nouvelles remontaient aux incendies de forêts de l’été 2007, lorsque le Mont Parnès s’enflamma et que l’on avait craint que le centre historique aussi s’embrase, mais où c’est l’Etat qui a finalement disparu.
Et de la même façon que l’Islande il y a quelques semaines nous avait étonnés jusqu’au vertige par son effondrement financier, la Grèce nous surprend aujourd’hui en nous donnant à connaître, disons, un vaste malaise démocratique où tout semble mêlé : on nous dit violences policières, régression sociale, crise financière, corruption politique. La mort d’un gamin vient de catalyser tout cela. Et on se demande si cela illustre une situation ou si ça en préfigure une autre, n’est-ce pas.
De sorte que l’on se demande aussi si ce vocable de violences urbaines est bien approprié et si ce n’est pas de violences faites à l’urbanité dont il faudrait plutôt parler. Car tout de même, Athènes, Salonique, Trikala, Corfou, Samos, Volos, Patras… Ce ne sont plus des villes, c’est un pays. On avait inventé les cités pour protéger leurs citoyens, croit-on se rappeler. Maintenant que les villes servent surtout à se protéger de leurs citoyens, quelqu’un se souvient-il pourquoi on avait créé des pays ? Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.