Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Rappelez-vous, on avait déjà eu Chirac, avec les tirailleurs maghrébins du film « Indigènes », prix d’interprétation à Cannes, et la revalorisation des pensions des anciens combattants d’Afrique. On avait déjà eu Bégaudeau et Cantet avec un autre film, « Entre les murs », Palme d’or à Cannes, grâce auquel la mère sans papiers d’un des acteurs avait été régularisée.
C’est curieux quand même. La fréquentation des cinémas est en baisse constante : cette année comme les autres, si « Les Chtis » ne sauvaient miraculeusement les chiffres. Et 40% des Français continuent à n’acheter ni ne lire aucun livre par an. Et l’on voit dans les sondages que ce qui fera les frais de la crise, c’est notamment cela, les livres, l’écrit, ce qui s’édite, et l’on sent bien aussi que les financements publics prendront la même voie : la culture n’est pas nécessaire à la continuation de la vie, elle est moins essentielle que la facture d’électricité. Et parce qu’elle est dispensable, revient toujours comme une antienne cette assertion qu’un ventre affamé n’a pas d’oreilles, alors, on vous le demande, pourquoi encore écouter de la musique ? Et pourquoi pas non plus en acheter, tant qu’on y est ?
C’était une chronique pour dire, qu’en culture comme ailleurs, le pouvoir est parfois inversement proportionnel aux moyens déployés. Hier, Jean-Marie Gustave Le Clézio lisait à Stockholm son discours de réception à l’Académie du Nobel suédois. Il s’intitulait : « Dans la forêt des paradoxes ». Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.