Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

On parle ici de la casse sociale, des fermetures d’usine, des licenciements, ça tombe comme à Gravelotte et l’on dirait bien que les mots en « ance » —confiance, relance — restent désespérément impuissants devant les mots en « ion » —récession, déflation, Davignon, je rigole —. Mais enfin, c’est à se demander si certains non plus ne profiteraient pas d’une sorte d’effet d’aubaine en faisant porter par la crise des décisions autrement stratégiques et si certains capitaines d’industrie ne licencieraient pas aujourd’hui comme des pétroliers dégazent en haute mer.
J’y pensais avec cette histoire de la fermeture du site historique de la moutarde de Dijon. Présentée comme une disparition à haute portée symbolique — vous imaginez : en moins de deux mois les subprimes ont eu raison des petits oignons et des cornichons, c’est dire la difficulté des temps présents et la dureté de ceux à venir ! — on sait aujourd’hui qu’il ne s’agissait là que de la chronique d’une fermeture annoncée depuis le siège de la multinationale américaine à qui appartiennent Amora, Maille, leur moutarde, leurs oignons et leurs cornichons. Cette usine et ces emplois-là, on les a pourtant portés au débit de la crise.
Il y a des jours, Pascal, où pour paraphraser André Malraux, on se demande si, par ailleurs, l’industrie ce ne serait pas parfois du cinéma. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.