Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Et que, toutes choses n'étant pas égales, à partir bille en tête, nous risquons deux choses : d'avoir moins de travail chez nous et autant de pollution partout. Et c'est comme ça que l'on comprend qu'en économie, ce n'est pas toujours la compétition qui importe et qu'il est des cas où il ne faut surtout pas être le premier.
Dans cette morosité qui nous occupait, Pascal, nous vint cependant une éclaircie. Car voilà qu'au moment où les hauts-fourneaux s'éteignent et où la sidérurgie se met en sommeil, des hommes défilent non pas pour les pertes d'emploi immédiates mais contre celles de demain. C'est donc qu'ils considèrent qu'il y a encore un demain, ce qui est une fort bonne nouvelle. Cette embellie cependant céda vite la place à une perplexité supplémentaire, car n'étaient-ils pas en train, à se mobiliser de pareille façon, de nous dire, eux que le chômage technique touche et que les licenciements menacent, que la crise économique d'aujourd'hui n'est rien devant la crise climatique de demain, dont on nous dit, à Poznan, qu'il nous reste une dizaine d'années seulement pour la conjurer ?
Voilà à quoi l'on pense, Pascal, en regardant passer une manifestation. On serait bien allé aussi au Heysel avec les actionnaires de Fortis, mais nous avions épuisé notre quota de dilemmes contemporains pour la journée et l'on n'eut pas voulu que, dans ce cénacle financier en débâcle, quelqu'un s'avisa jamais de les mettre aux enchères. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.