Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 

:

En ce jour du mercredi 3 décembre 2008, Ce n'était pas un cortège qui défilait hier dans les rues de Bruxelles, mais un long paradoxe contemporain. L'avez-vous vu, Pascal, c'était un ruban tout mouillé et multicolore qui se déroulait sur la petite ceinture.
Le temps était de circonstance, on n'ose pas dire de saison, et c'était les métallurgistes qui manifestaient contre le tort que leur fait le changement climatique. Vous savez bien : la mise aux enchères des quotas européens d'émissions de CO2. Et l'on se disait qu'ils auraient aussi bien pu troquer, les métallos, le rond-point Schuman de Bruxelles pour la place Stawny ou la place Ludow à Poznan. Et nous, entre notre souci de l'environnement et notre besoin d'emplois, nous étions bien embarrassés, hier, à les voir passer.
Car nous hésitions, entre pollution et délocalisations, comme entre peste et choléra et Charybde et Scylla, maudissant le sort commun du citoyen contemporain de n'avoir plus à décider qu'entre deux fatalités. Car voilà, ce que nous disent les métallurgistes, c'est qu'à payer pour pouvoir polluer, le risque est grand, en effet, de voir les fumées passer les frontières. Là, où personne ne se soucie de ces quotas, de ce CO2 et de ces particules fines contre lesquelles l'Europe entend être pionnière. (...)