Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2008
   


 
 

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En ce jour du lundi 1er décembre 2008,
Nous vivons, Pascal, des temps de mobilités arrêtées. Un hôtel à Bombay ou un aéroport à Bangkok, c’est la vitesse que l’on freine, ce sont les déplacements que l’on entrave, ce sont les échanges que l‘on éprouve. Et l’on regarde ainsi les failles de notre monde à grande vitesse s’ouvrir sous nos pieds car nous voyons bien qu’il suffit d’une dizaine de terroristes pour mettre cul par-dessus tête une ville de 13 millions d’habitants, de la même manière qu’il ne faut guère plus, par ailleurs, qu’un morceau de fer recourbé placé sur une caténaire pour mettre à l’arrêt un trafic de voyageurs en flux tendu, comme celui des TGV français.
Et l’on repense ici à Paul Virilio, dont nous parlions la semaine dernière, lui qui tente depuis 30 ans d’attirer notre attention sur cela, sur la vitesse comme dissolvant social, et qui pense aujourd’hui mettre sur pied « une université du désastre » au motif qu’à force de vouloir aller toujours plus vite, nous ne voyons jamais que ce qui est devant nous et jamais à côté. « Nous avons perdu la vision latérale du danger », dit-il. Nous sommes comme des conducteurs concentrés sur notre point d’arrivée, inconscients de ce qui se présente à notre droite ou de ce qui se produit à notre gauche. (...)