Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 28 novembre 2008,
C'était un temps de guerre, Nathalie, et je regardais la télévision. Je dirais, comme ça, 92-93. La guerre était en Europe, l'Europe était la Bosnie, dans la Bosnie était Tuzla, une ville minière entre Seraing, Cardiff et Charleroi.
Et sur mon écran, je vis cette chose incongrue : une équipe de télévision française interviewer Selim Beslagic, le maire de Tuzla et parmi tous les maires bosniaques, le dernier maire élu. Les autres, en ces temps de guerre, avaient été remplacés, nommés d'office, officiers. Et dans cette guerre d'obus tombants, je vis ce journaliste français demander à un bourgmestre bosniaque assiégé : « Je me suis un peu renseigné, Monsieur le Maire, et j'entends que la population considère que vous n'avez pas accompli votre programme électoral ».
Le visage de Selim Beslagic à ce moment est ce que j'ai jamais trouvé de plus ressemblant à la définition du mot « stupéfaction ». « Mais enfin, nous sommes en guerre » parvint-il à dire. Puis, se reprenant, « Non, j'avais dans mon programme un large volet anti-pollution. Et regardez bien, depuis que la guerre est là et les usines fermées, regardez, voyez la rivière comme elle est propre. Puis-je considérer que j'ai déjà réalisé 10% de mes promesses ?». (...)