Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 

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En ce jour du mercredi 26 novembre 2008, J'ai reçu une lettre, Nathalie. Et comme vous savez que je ne garderais pas pour vous mon courrier secret, je m'en vais vous en faire lecture. Alors voilà.

Cher Paul Hermant, (ça commence comme ça).

Je m'aperçois, et je vous en remercie, que vous avez fait référence dans votre billet de lundi dernier à une phrase que j'ai écrite dans des temps déjà fort anciens, hélas, et que vous avez citée hier encore sous une forme détournée et un tantinet humoristique. Car s'il est vrai que j'ai bien dit un jour qu'il « vaut mieux écouter la forêt qui pousse que l'arbre qui tombe », je n'aurais pas été jusqu'à prétendre, ainsi que vous l'avez fait hier, que l'arbre qui tombe cache la forêt qui pousse : l'image me paraît un peu osée, car à vrai dire, a-t-on jamais vu que quelque chose qui disparaisse dissimule ce qui existe ?
Si elle m'a d'abord heurté, votre figure de style m'a toutefois intéressé. A bien y réfléchir, je me demande en effet s'il n'y a pas quelque perspicacité dans votre tournure. Car s'il est exact que nous sommes poussés, nous autres du genre humain, à préférer le verre à moitié vide au verre à moitié plein -sans doute pour pouvoir nous resservir plus tôt me direz-vous tel que je vous connais -, il reste que ce n'est pas non plus sans raison. (...)