Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et je me suis demandé si ce n'est pas entre ce « tout semblait possible » de l'Osservatore romano et ce « tout est désormais possible » de Benoît Hamon que se jouait l'histoire de cet arbre qui tombe et qui cache la forêt qui pousse dont nous parlions hier.
Car voilà, à 40 ans de distance, ce ne sont plus les mêmes possibles. Le « tout semblait possible » d'hier disait le changement, le rêve, l'idéal : le possible d'hier voulait réenchanter l'avenir. Le « tout est désormais possible » d'aujourd'hui anticipe le désastre, le cauchemar, l'épreuve : le possible d'aujourd'hui appelle à se méfier du futur. Notons bien, donc, en ce mardi 25 novembre 2008, que nous comptons désormais un nouveau mot mutant dans notre vocabulaire. Le mot « possible » qui signifiait littéralement : « ce qui peut être fait, ce qui n'excède pas les moyens de quelqu'un » devient désormais le jouet de forces obscures que les actions humaines ne dominent plus.
Aussi bien, lorsque l'on lit dans la presse que la fertilité masculine est menacée par les produits chimiques et que d'après un médecin danois, cette question est "aujourd'hui potentiellement aussi grave que le réchauffement climatique" et qu'on se dit : allons est-ce que c'est vraiment possible ?, on a peur de ce qu'on dit et on craint ce qu'on pense. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.