Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Ce n’est pas notre mesure humaine de le savoir. Un arbre qui pousse, c’est un bruit que nous voyons mais que nous n’entendons pas. Un arbre qui tombe, c’est le contraire. Le plus souvent nous l’entendons, mais nous ne le voyons pas. Quand nous l’avons vu, c’est qu’il est déjà à terre. C’est pareil avec la neige. Car, dites-moi, avec quels mots décrire le silence du flocon qui tombe ?
Dans « Libération » du week-end, l’écrivain et chroniqueur Jean-Claude Guillebaud disait à peu près la même chose, à moins que ce ne soit le contraire : « On voit ce qui s’effondre, pas ce qui surgit ». A quoi répondait dans le Monde de dimanche un entretien avec l’urbaniste Paul Virilio où il tenait que la vitesse des changements dans ce monde nous rendait collectivement aveugles et que seules les crises déjà surgies nous sont apparentes, si même nous ne les comprenons pas, tandis que nous ne parvenons même pas à imaginer celles qui vont suivre. Et nous sommes donc là, avec nos oreilles défaillantes et notre vue qui baisse. Je sens qu’ils vont me faire ma semaine, Hegel, Guillebaud et Virilio.
Car on apprenait ainsi, au détour d’un quotidien français, Le Monde encore, que nous aurions dans notre pays, deux prisons munies de quartiers de haute sécurité, retirés du monde et du droit, que les détenus appellent Guantanamo. Quel bruit cela fait, une prison dont on n’a pas entendu parler, je vous le demande Nathalie. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.