Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 

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En ce jour du lundi 24 novembre 2008,
J’étais bien résolu à entrer dans mon week-end à reculons, Nathalie. J’aurais voulu le moins de déménagement possible. Je m’étais destiné à passer des journées météorologiques, c’est-à-dire dédiées à la façon dont l’air se jouerait de mon temps, à sortir quand les giboulées se calmeraient, à me calfeutrer dès lors qu’il ferait froid rien qu’à regarder par la fenêtre.
Car moi qui ai toujours cru que le bonheur ultime de l’homme était de trouver, d’un côté, un coin du feu et, de l’autre, un coin à champignons, j’aurais bien voulu dénicher cette cheminée, ce feu ouvert, enfin, ce bout de radiateur où réfugier mon dimanche.
Et c’est peut-être parce que la neige qui tombait, partout imposait son silence, que j’ai repensé à cette phrase : « Il vaut mieux écouter la forêt qui pousse que l’arbre qui tombe ». Je pense bien que c’est Georg Friedrich Hegel qui a dit ça, ce philosophe allemand du 19ème, ce grand fondateur de la modernité, vous savez bien, Nathalie.
Cette phrase donc m’a toujours paru bien énigmatique, car à vrai dire si nous savons fort bien le bruit de la tempête et le coup de la hache, si nous avons dans l’oreille l’arbre qui tombe, qui peut dire le bruit de la forêt quand elle pousse ? Car oui, quel son cela fait, une forêt qui pousse, un arbre même, un seul arbre ? (...)