Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 

:


En ce jour du jeudi 20 novembre 2008,
Par ces temps de métissages, Pascal, nous nous posons ce matin la question suivante : que faire de la couleur de la peau quand elle n’a pas de couleur ? Réponse : la vendre. On estime à 380.000 euros la valeur du cadavre d’un albinos, en Afrique. On le vend à la découpe. Je suis bien désolé pour votre matin et votre café du matin, mais une fillette de six ans a été tuée comme ça, il y a deux jours, au Burundi. Décapitée puis mutilée. Les morceaux, tête, bras et jambes, partent pour la Tanzanie, grand pays consommateur. Les sorciers en font des grigris dont, paraît-il, les chercheurs d’or raffolent. Car une fois mort, l’albinos porte bonheur. Vivant, c’est le contraire : c’est le mal incarné, la malédiction, le mauvais œil. L’albinos en Afrique est un paria, un intouchable, un réprouvé. Il porte les péchés du monde et les mauvaises nouvelles. De sorte qu’un bon albinos, ces temps-ci est un albinos mort. La terminologie officielle parle de « campagne de chasse», c’est dire.
C’est le troisième meurtre d’albinos en trois mois au Burundi. (...)