Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 

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En ce jour du mercredi 12 novembre 2008,
Le mur de Berlin n’était pas tombé, les accords d’Oslo n’étaient pas signés, l’apartheid n’était pas terminé. 1989 n’avait pas encore passé. Ni 1991. Moins encore 1993. Ces cinq années où l’on avait cru que le monde avait décidé de se pencher vers les hommes et que les hommes avaient voulu le soulever. C’était un temps où les gens s’appelaient Gorbatchev, Rabin, Arafat, De Klerk, Mandela, Clinton. Il n’y a pas vingt ans, c’était pourtant un autre siècle.
Et donc, un peu plus tôt, vers 1985, il y avait, disait-on, une dame noire à la chaussée d’Ixelles. En exil. A Ixelles. De temps en temps, on cherche une anagramme où se réfugier. Les anagrammes sont plus accueillantes que les apartheids. On en parlait à demi mots, on disait : « Savez-vous que Myriam Makéba habite là ? ». On disait cela. La chaussée d’Ixelles fut donc quelques temps réputée pour abriter cette chanteuse majuscule pas loin de là où habita une cantatrice majeure, Maria Malibran, la Malibran, dont la maison est devenue un hôtel de ville. De temps en temps, on rêve que les asiles aussi aient du talent. (...)