En ce jour du lundi 10 novembre 2008, Que dire aujourd’hui,
n’est-ce pas Pascal, sinon parler de demain pour convoquer hier
? A moins, évidemment, de faire le contraire : de parler d’hier
pour évoquer demain.
Parce que, si c’était hier la commémoration de
la nuit de cristal —70 ans—, c’est demain l’anniversaire
de l’armistice de 18, —90 ans— et je profite de
ce 10 novembre, creux mémoriel, pour croiser un peu tout ça.
Parce que voilà, on a bien vu ces derniers jours qu’il
y en a encore, qu’il y en a toujours, qui voudraient s’en
aller briser des vitrines en chantant tandis que l’on a pu remarquer
aussi que d’autres profitent du moment pour s’en venir
voler, pour le prix du métal, des sculptures dans des cimetières
militaires. Nous sommes décidément des gens postmodernes
voyez-vous : il nous est désormais loisible d’apprendre
à cuisiner la truite préférée d’Hitler
en même temps que de connaître le cours du bronze, un
peu plus de 3€ le kilo, une bonne affaire.
Et, à la télévision, j’ai regardé
ces dames au cimetière militaire français d’Anloy,
commune de Libin, Luxembourg belge, devant le socle dépeuplé
d’une statue dérobée, se demander qui, finalement,
apporterait encore quelque chose au cimetière si l’on
en était déjà à emporter ce qui s’y
trouve. (...)