Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Car nous avons pour les romans qui ressemblent à des feuilletons des goûts de midinette. Il y a des livres qui ont des odeurs, c'est inexplicable, et ceux-là de fait avaient celle de vieux tiroirs, ç'avait beau être, pour la plupart, des romans très technologiques, des techno-thrillers va-t-on dire, pour nous c'était plutôt Luc Bradfer et Guy l'Eclair, de vieilles choses retrouvées par hasard, dans des tiroirs, et qui nous faisaient frémir, à dix ans, à la pensée de la fragilité du genre humain.
Michael Crichton eut aussi son TUPDTQF, un livre récent, 2005, « Etat d'urgence », une mise en doute du réchauffement climatique et une mise en cause des associations écologistes qui rimaient avec terroristes. La caution du romancier populaire à l'anti-Kyoto. Une charge violente contre le Giec de Jean-Pascal van Ypperseele. Qui l'amenèrent à déposer à charge devant une commission sénatoriale américaine présidée par un républicain ravi, un éléphant du conservatisme, pour qui les changements climatiques étaient « probablement le plus grand canular jamais monté contre le public américain ». On vit ainsi sur les bancs du Sénat un écrivain confondre la fiction et le futur, ce qui ne serait encore rien, mais s'aveugler dans une idéologie que toute son œuvre réfutait. On le disait : TUPDTQF. Michael Crichton s'en va ainsi au moment où se ferment les présidences de George Bush et où s'ouvre celle d'Obama. Il y a des choses qui ont décidément une odeur de tiroir. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.