Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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En disqualifiant, flétrissant et abîmant au passage, des hommes, écrivains ou pas. Et si, pour ce qui est de Kundera, il pourrait bien s’agir comme le disait Pierre Mertens, « du ressentiment que lui valent l’immensité de son talent et son établissement en France », il reste que nous ouvrons tous les jours des archives dans lesquelles nous aimerions découvrir que ce qui fut n’a pas été.
Tout se passe comme si nous avions besoin de rendre notre passé suspect — comme si nous n’avions pas vécu ce que nous avions pourtant cru vivre — pour nous convaincre que l’avenir est décidément plus vivable que ce que l’on nous dit et que tout ce qui est annoncé aujourd’hui à son propos est sujet à caution.
Il est vrai que nous allons sur ces questions de dates butoirs en dates butoirs. Et l’on ne peut s’empêcher en égrenant ces échéances — hier encore, le WWF faisait savoir que le réchauffement était plus rapide que prévu et que d’ici à cent ans, les chiffres sont précis, le niveau de la mer devrait monter d’1,20 m — de nous rendre malgré nous à une sorte de millénarisme consenti car voilà : nous en sommes aujourd’hui à programmer une fin tous les jours, le pétrole, les abeilles, l’archipel de Tuvalu, etc…
De sorte que dans cette querelle entre un passé indésirable et un futur non désiré, c’est finalement le présent que nous ne voyons plus. Nous n’avions pas vu, par exemple, que les banques étaient une espèce menacée de disparition. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.