Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 

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En ce jour du lundi 20 octobre 2008,
Nous parlions de la suspension, vendredi dernier. Rappelez-vous : de cette rue du temps suspendu que présente l’exposition « C’est notre terre », et le temps d’un week-end, voyez-vous, nous sommes passés de la suspension à la pendaison.
C’est peut-être un peu brutal dit comme ça, mais certainement pas moins abrupt que ce que disait d’un air dépité ce surveillant de prison français: « Un matin, vous regardez à travers l’œilleton et puis s’il y a un pendu, et bien il y a un pendu ».
C’est peut-être une histoire française, mais il y a eu, depuis le début de l’année, 90 suicides dans les établissements pénitentiaires de l’Hexagone. Ce n’est pas rien et la Cour européenne des droits de l’homme le rappelait encore il y a juste trois jours, juste avant le dernier suicide, enfin on veut dire le plus récent : un pendu, encore, avant-hier. D’un côté trop de gens, trop de monde, de l’autre côté, trop peu de gens, trop peu de monde. Et, au milieu, justement,l’image d’un monde perdu, d’un monde invisible, enfin que nous ne parvenons jamais complètement à voir, un point aveugle en même temps qu’aveuglant, un monde où surveillants et surveillés figurent ensemble la lie de la terre. 90 suicides en prison, donc, mais pourquoi donc s’en préoccuper dès lors que d’autres urgences suspendues nous réclament ? (...)