Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Le présent, conclut-elle, n'est donc jamais actuel ". C’est peut-être un peu compliqué à entendre à 7h20 passé, mais au moins, cela nous apprend que nous avons intérêt à nous méfier de notre présent. D’abord parce que nous ne le voyons pas quand il passe, c’est bien connu, et ensuite parce qu’il se dissimule souvent sous des airs de passé ou bien de futur, car le présent est futé. Se conjuguer au temps présent est l’une des choses les plus complexes qui soient. Parole de chroniqueur.
Justement, tenez : moi. Pendant longtemps, j’ai tenu les résultats des matches de foot pour les seules choses tangibles et concrètes au monde. J’étais, disons-le, un matérialiste du point de penalty, un positiviste du corner, un dialecticien du coup franc. Hé bien, là aussi, il m’a fallu déchanter. Quelque chose d’aussi actuel et présent qu’un score de football pouvait très bien se voir invalider plusieurs mois ou années plus tard. Je l’avais pourtant bien vue, la balle dans la lucarne, mais le futur s’était chargé bien vite de corriger ce que mon passé avait pourtant enregistré. Ce n’est pas que cette balle n’eût jamais existé, non. Mais c’était simplement que cette réalité n’était pas vraie. Je veux dire : qu’on me demandât de changer mon point de vue sur elle… C’en est ainsi que nous révisons désormais le passé comme nous le faisions hier de nos leçons.
Qu’est-ce qu’il disait déjà Kundera ? Il disait « Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés ». C’était peut-être vrai hier. Mais le présent qui est récessif ne demande plus désormais que des redressements. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.