Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et si certains d’entre vous s’inquiètent de temps à autre de savoir pourquoi je vous parle si souvent de poésie dans ces chroniques, c’est que je crains bien que ces périodes de crise ne soient pas grandement ouvertes à l’esthétique. Alors, la poésie, ça conjure.
L’écrivain italien Antonio Tabbuchi revient, dans un entretien dans le Monde, sur cette question de l’esthétique. Et de comment, le beau et le juste s’entremêlent souvent, et de quelle façon, son pays, l’Italie, entend régler la question. Il nous dresse là un portrait sans retouche du berlusconisme. Cette chose, par exemple, que le gouvernement coupe les crédits à l’éducation, mais a décidé récemment que tous les élèves du primaire devront dorénavant porter des tabliers dessinés… par un styliste. Ce qui fit dire au photographe Oliviero Toscani que les Italiens mourront ignorants, mais élégants.
Il dit cela Tabucchi que « Le bon sens nous apprend qu'il est beaucoup plus facile d'enseigner le pire que le meilleur. Que l'éducation à la beauté, à la citoyenneté, relève d'un contrat social qui suppose des efforts ».
Et donc, voilà, c’est comme toujours, par ces temps de crise, d’un côté le choix entre « normaliser la grossièreté » comme le dit Tabucchi ou de l’autre celui de faire l’effort de réhabiliter la beauté, l’esthétique, la culture et de les défendre comme une bête le ferait de ses petits. Même un caribou myope voit cela. Je vous le demande, peut-on faire moins qu’un caribou ? Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.