Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

Hier, sur cette antenne, Eric de Keuleneer disait ceci que la « crise de 1929 avait été rendue durable par la montée des nationalismes et le repli sur soi ».
On voit ainsi qu'il ne faut que quelques heures pour que se déchaînent des passions hier civilisées. Un coup de Trafalgar, un seul, et les antagonismes viennent au jour, les jalousies s'exposent, nous sommes dans la cruauté du vainqueur que la victoire même ne réjouit pas. Les patriotismes financiers comme les autres ne se satisfont que de l'anéantissement de l'autre.
On finira bien un jour par s'apercevoir que la vraie victime de ce cataclysme, ce n'est pas seulement l'argent privé et l'argent public, mais que c'est le bien commun. Nous avons employé ici, ces dernières semaines, des mots dont on aurait voulu qu'ils conjurent : nous avons dit « décence », nous avons dit « tenir sa place ». Mais que voulez-vous faire quand des mal embouchés entendent plutôt « tenir à sa place « ? Or donc, chacun s'en va calculer le taux de son propre intérêt et l'on crée des coffres-forts dont on voudrait qu'ils soient aussi des forteresses.
Il vous plaira peut-être de savoir, chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains, que dans notre monde mondialisé, on a créé, depuis 20 années, 26.000 nouveaux kilomètres de frontières. On rêverait que ce fut le contraire. 26.000 kilomètres de nouvelles frontières. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.