Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 

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En ce jour du mercredi 8 octobre 2008,
Je vais vous faire un aveu, chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains : on n'écrit jamais ici que contre l'ensauvagement du monde. L'on peut croire de temps en temps que l'on défend du monde une vision, mais non, c'est simplement qu'on voudrait encore bien le voir un peu, le monde.
Si l'on voulait un exemple des temps qui s'ensauvagent, je pense que ces commentaires du journal néerlandais « De Telegraf », à propos de la débâcle de Fortis, pourraient faire figure de parabole. "La Belgique est redevenue un nain bancaire dans la nuit de dimanche à lundi, écrivait avant-hier ce quotidien qui ajoutait : "Après avoir vendu leur acier et leurs groupes énergétiques dans les années 80-90, les Belges ne jouent plus un rôle mondial que dans le secteur de la bière". C'est magnifique de coudoiement, d'accointance et de confraternité, ce voisinage beneluxien, vous ne trouvez pas ?
Quelques heures plus, tôt, c'était le ministre des finances des Pays-Bas, Wouter Bos, qui lançait ses chiens sur la fragilité de Fortis dont il venait de racheter la plus belle part. On perd là plus que le sens commun de la commune mesure. On y perd aussi de l'Europe. (...)