Lautresite, le jour, les billets du mois d'octobre 2008
   


 
 
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C'était pourtant un week-end parfait pour ceux qui entendaient faire du neuf avec des vieux et si Pétain était à l'ordre du jour en Belgique, en Italie, c'était Mussolini. C'est un gardien de but, c'est du football, il s'appelle Christian Abbiati et officie à l'AC Milan. Lui, il a dit : « Je partage certaines valeurs du fascisme : la patrie, l'ordre social, le respect de la religion catholique." "Je ne partage pas ses erreurs : l'alliance avec Hitler et l'entrée en guerre surtout. Mais il faut arrêter de considérer le fascisme comme un tabou."
Quelques jours plus tôt, c'était le maire de Rome qui disait : «Je ne considère pas et je n'ai jamais considéré le fascisme comme le mal absolu. Les lois raciales voulues sous le fascisme et qui ont contribué à sa fin politique et culturelle étaient, elles, le mal absolu. » On peut donc aujourd'hui s'en aller faire son marché dans une histoire du mal que l'on peut segmenter et fractionner à volonté. Ceci oui, cela non. On peut désormais choisir sans renoncer. C'est ce que l'on appelle en Italie « le réhabilitationnisme ».
On comprend ainsi qu'il est dorénavant possible de ne plus percevoir le totalitarisme comme un tout et que d'ailleurs, pourquoi pas, allons-y, l'on peut tout aussi bien le considérer comme rien du tout… C'est toujours cette fameuse affaire contemporaine des conséquences qui sont orphelines de leurs causes. Un truc dans lequel nous devenons experts ces temps-ci. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.