Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Quand la confiance est partie, reste la providence. Nous avons fait à cette idée de providence un bien mauvais sort. Car la providence, ce n'est pas que la manne que les dieux offrent aux hommes, ces opportunités inespérées qui nous tirent d'un mauvais pas, ce qui vient nous secourir lorsque nous sommes dans le besoin. La providence, d'un point de vue étymologique, c'est « pro videre », c'est-à-dire regarder vers l'avant, présager, anticiper, prévoir. La providence, on l'a oublié, c'est voir plus loin que le bout de son nez. Mais la prévision est inséparable de la prévoyance. La providence est aussi prudente. Elle prévoit sans doute, mais elle doit pourvoir aussi. Car si elle voit « avant », elle doit aussi assurer ses arrières. Il y a une providence qui fait des prévisions et une providence qui fait des provisions. Des prévisions et des provisions, ce serait presque, excusez-moi, la définition de la logique bancaire. On comprend que c'est plutôt désormais la mission de la politique.
Car voilà que l'on appelle aujourd'hui ceux-là mêmes qu'on avait hier détroussé de leur capacité à réguler. Cette crise est étrange qui vient quémander la providence de l'Etat quand on a voulu se débarrasser de l'Etat-Providence. Il y a beaucoup de psychologie dans la confiance, disait Alain Minc. Chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains, il va nous falloir avoir désormais beaucoup de confiance dans la psychologie. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.