Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Et donc, j'ouvris beaucoup de tiroirs et j'y trouvai toute une vie. Je résume, mais accrochez-vous, ça donne le tournis, c'est l'histoire du siècle dernier. Né en Russie en 1902, père militant anti-tsariste, fuyant le régime, se réfugiant à Zurich, arrivant à Bruxelles à la veille de la première guerre, grandissant à Schaerbeek, fréquentant l'ULB, épousant tôt sa voisine, se retrouvant en Espagne en 36, devenant commandant de la division d'Orwell, montant un cheval noir, arrêté par les soviétiques, s'échappant de sa prison, rejoignant à Londres Orwell dont il épouse la belle-sœur, s'engageant en 40 dans les bataillons étrangers de l'armée française, blessé sur la Marne, recueilli et soigné par des nonnes, résidant durant le conflit sur les côtes de Normandie, y écrivant à Orwell : « Tu ne peux pas savoir le plaisir que je prends à voir les Messieurs de Vichy et puis à revenir ici faire mon travail », exfiltré en 1943 de Normandie, où il a créé une nouvelle famille, par un petit avion venu d'Angleterre, devenant gentleman farmer, retournant en France pour y devenir le premier directeur de ce qui deviendra Elf Aquitaine, viré très vite, mourant dans un hôpital marseillais en 1951 la veille du jour où débarquent, pour l'interroger, les services secrets britanniques…
Je vais vous dire, Serge, ce n'est là qu'une petite partie de ce que j'ai trouvé dans les tiroirs. Et si vous voulez savoir pourquoi je suis allé à University College, Serge, je vais vous le dire : c'est parce que les livres sont pleins d'histoires qui ne sont jamais racontées. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.

Pour les auditeurs intéressés, j'avais écrit sur Georges Kopp un texte plus long que je peux leur faire parvenir.