Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2008
   


 
 

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En ce jour du vendredi 19 septembre 2008, J’étais un jour dans des tiroirs poussiéreux de University College à Londres, c’était une petite salle lambrissée et cirée, et tout de suite vous imaginez l’odeur que peut avoir la culture en Angleterre, un petite salle qui contenait les archives de deux écrivains majeurs du 20ème siècle sans doute mais qui avaient peu en commun : la langue bien sûr, le style oh non : James Joyce et George Orwell.
Ces tiroirs étaient poussiéreux et si je les tirais, c’était pour lever une énigme, je vous raconterai un autre jour, peut-être lundi si vous voulez, mais enfin : ils faisaient toussoter ces tiroirs : c’est une infection pour les bronches, de temps en temps que la mémoire.
Il se trouve que, ces temps–ci, Orwell redevient actuel. C’est étonnant. Orwell est mort en 1950, cela fait 58 ans. Et si vous calculez bien, il est parti 34 ans avant d’avoir écrit « 1984 » son livre le plus célèbre. C’est normal, 1984, il l’avait écrit en 1948.
C’était quelqu’un, George Orwell. Il n’a pas d’équivalent en langue française. On veut dire : aucun intellectuel français, ceux dont nous sommes bon gré mal gré héritiers et redevables ne lui ressemble. Camus, à peine. Malraux, même pas. Derrière, ne cherchez pas. On ne peut pas trouver esprit plus libre dans un corps aussi peu fait pour le plaisir d’être. (...)